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Pour moi, l'année cinématographique a véritablement pris son envol début mars, lorsque j'ai vu et entendu Le Guerrier Silencieux (Valhalla Rising) de Nicolas Winding Refn. Ce fut la véritable première claque de l'année si l'on met à part
l'intro et la fin de Mother de Bong Joon-ho. Le film de Refn est tout simplement un moment en suspension, là où l'on
fait partie intégrante d'un tout. L'oeuvre danoise est arrivée à ce point. Là où on se croit au cinéma 4D (Futuroscope...). En outre, ce fut une véritable expérience autant visuelle
qu'auditive. Le cinéma ? Surement, mais on y est trop peu habitué. Où je veux en venir ? Tout simplement, l'année à commencé par une expérience auditive et se boucle sur une
nouvelle expérience auditive, mais cette fois-ci, la couleur est annoncée d'avance. Voyons cela de plus près.
Le scénario est simple : deux percussionnistes au sens de la musique aiguisé vont utiliser Stockholm comme l'instrument d'une symphonie futuriste en quatre mouvements. Pour ce faire, ils réunissent les quatre meilleurs percussionnistes qu'ils connaissent. Que la musique soit!
A côté de cela va se dérouler toute une enquête policière, une course poursuite contre ce qui sera considéré comme des attentats polyphoniques.
Avant de faire une quelconque éloge que ce soit. Le seul point qui m'ait dérangé c'est la fin. J'ai l'impression qu'ils ont rajouté cinq bonnes minutes avec une certaine morale et un côté grand public qui permet de se dire "oh comme c'est touchant" (prononcez cette phrase en clignant des yeux et en joignant les mains). Là où la musique n'a pas de réelle frontière, pourquoi devrait-on mettre un barrage au cinéma? C'est ce qui fait la différence entre Sound Of Noise et Le Guerrier Silencieux ! On sent que la production et les distributeurs sont passés derrière...
Après le seul reproche que je peux faire au film, je vais essayer de vous faire comprendre en quoi ce film est une petite pépite. Tout simplement par la simple approche de la musique, bruitiste ou expérimentale soit elle. Tout commence par la présentation de la famille de Amadeus Warnebring, l'inspecteur de police, né dans une famille de grands musiciens classiques. Puis on enchaine sur deux gusses : Sanna et Magnus. Elle conduit un van et lui joue de la batterie, le métronome est installé, le film peut enfin commencé. Plus le métronome accélère, plus Magnus joue vite et plus Sanna roule vite. Jusqu'à ce que la police intervienne. Avec cette première scène, le ton est donné d'entrée, on est en face d'une oeuvre décalée. Décalée en tout point puisque l'ambition des deux compaires est plus grande : faire entendre à toute une ville qu'elle est bruyante et que l'on peut créer de la musique avec. Telle est l'ambition de la symphonie composée par Magnus.
Un groupe de six percussionnistes du tonerre va donc se composer. A la lecture du générique de fin, on se rend compte qu'il s'agit bel et bien de six véritables musiciens qui ont composé toutes les compositions originales du film. Au-delà d'être six bons musiciens (voir la battle de batterie) ils sont tout aussi bons acteurs. Ce film est un véritable projet artistique et ça fait bien plaisir à voir. On pourra rire devant les différentes parties de la symphonie, notamment celle à l'hopital. Mais le film est maitrisé de bout en bout. Ola Simonsson et Johannes Stjarne Nilsson sont les chefs d'orchestre du film et il le mène d'une baguette de fer.
L'année 2010 se conclue donc comme elle a débuté, sur une note scandinave et musicale.
A voir :
Sound of Noise, réalisé par Ola Simonsson et Johannes Stjarne Nilsson.
Date de sortie : 29 décembre 2010.
Wild Bunch Distribution.
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